Pékin, le quartier des légations

24 03 2011

Petit voyage aujourd’hui à la découverte du Beijing de l’époque coloniale via le quartier des légations.

Eglise Saint Michel

Situé à l’est de la place Tiananmen le long de la rue Dongjiaomin il fut le siège avant 1959 des représentations diplomatiques. Sous l’empire le quartier abritait l’administration des Rites qui était aussi en charge des questions diplomatiques. Très vite les Etats sous domination chinoise y installèrent des représentants (actuel Vietnam, Birmanie, Mongolie ou encore royaume de Corée).

En 1727, la Russie y établit son ambassade. Les européens arrivèrent à leur tour en 1860, comme convenu dans le traité mettant fin à la seconde guerre de l’opium.

La poste Française

Le quartier va radicalement changer après 1900 et la révolte des Boxeurs. Ce mouvement nait dans les classes populaires et pauvres (ouvrier agricoles puis petit peuple des villes), opposées à l’influence des étrangers ainsi qu’à la dynastie des Qing jugée trop faible suite à la défaite contre le Japon en 1895 et perte d’une grande partie de la Mandchourie. Ce mouvement désordonné à ses débuts commença par assassiner des missionnaires Chrétiens et les Chinois convertis. Il fut ensuite instrumenté par la cour de l’impératrice Cixi qui y voyait une opportunité de se défaire de l’influence occidentale.

En 1900 les troupes boxeurs sont aux portes de Beijing et assiègent le quartier des légations. Le siège durera 55 jours et fut terrible : les boxeurs fanatisés torturèrent et assassinèrent plus de 30 000 chinois convertis au Christianisme et un grand nombre de missionnaires, fichèrent les têtes sur les portes de la ville ou en firent des montagnes. Dans la chaleur étouffante de l’été pékinois, l’horreur est totale.

En Europe, de fausses nouvelles circulent : les habitants du quartier des légations auraient été massacrés jusqu’au dernier dans des conditions atroces, l’opinion publique s’émeut et très vite une expédition punitive est organisée par la coalition de 8 pays (France, Allemagne, Angleterre, Japon, Etats-Unis, Italie, Russie et Autriche-Hongrie). Les troupes de la coalition entrent dans Beijing le 14 Aout levèrent le siège et se livrèrent à leur tour à d’horribles exactions, violèrent, pillèrent et massacrèrent les boxeurs ou supposés rebelles par milliers avec l’aide des troupes chinois régulières qui avaient entre temps retournée leur veste.

Ce triste épisode aura de grandes conséquences : il finira de discréditer la dynastie des Qing qui sera renversée 10 ans plus tard. Suite à cet épisode, les occidentaux expulsèrent tous les chinois du quartier et organisèrent une ville dans la ville : protégée par des murailles gardées par des troupes étrangères dont des Français. Et quand on est soldat en faction sur une muraille on s’embête et on grave sur les murs…

Petit Paul...

Le quartier est rendu à la Chine en 1949, mais les ambassades vont rester un certain temps avant de déménager dans le quartier de Sanlitun en 1959.

Le quartier devient alors le sièges d‘administrations chinoises et souffrira du vandalisme des gardes rouges lors de la révolution Culturelle. La réorganisation de la ville dans les années 1980 défigurera encore un peu plus le coin comme le prouve la construction de la cour suprême, immense bâtiment stalinien à la place de l’ancienne ambassade Française.

Néanmoins il reste aujourd’hui une petite atmosphère d’Europe dans ce quartier spécial mais bien méconnu.





Demander son chemin en Chine.

24 10 2010

Demander son chemin, quoi de plus facile sauf peut être en Chine!

Avis aux futurs touristes, munissez vous d’une carte, d’une boussole (très pratique sachant que tout le monde se repère vis a vis des points cardinaux) et si jamais il vous arrive de demander à un local veillez à toujours mais toujours recouper vos infirmations en demandant à au moins trois personnes… Si plus de 50% vous indiquent la même direction, vous aurez sans doute une chance d’arriver à destination, dans le cas contraire le plus simple est de sauter dans un taxi.

Plusieurs raisons:

– Beijing est une ville immense du coup les gens (moi le premier) ne connaissent convenablement que leur quartier.

-Les gens à qui l’on demande sont, en général, des gardiens, des employés de boutique qui sont très souvent issus de la province. Ils ne restent en poste que peu de temps et sont le plus souvent logés par leur employeur sur leur lieu de travail. Bref, faute de temps, d’argent et de nécessité ils ne connaissent bien souvent que leur boutique et le supermarché du coin.

-La langue. Vous êtes loin de prononcer convenablement le nom de votre destination en chinois, votre interlocuteur ne vous comprend pas ou parfois pense ne pas comprendre ce qui est particulièrement vrai pour les jeunes filles qui partent du principe qu’elles n’arriveront jamais à comprendre ce qu’un étranger leur dit

-La face! Répondre que l’on ne sait pas équivaut à perdre la face ce qui est très important dans la culture chinoise! Du coup mieux vaut indiquer n’importe quelle direction ou  bien se raccrocher à ce que l’on sait. Vous cherchez une école de chinois, on vous indiquera un organisme d’échange inter-universitaire : mot clé « apprendre le chinois ».

Parades:

– Les taxis qui savent à peu près ou aller. Surtout que vous avez toujours le joker « Téléphoner à un ami ». Avant de partir prennez le numero de téléphone  de votre destination, appellez et passer l’appareil au chauffeur, ils s’arrangeront.

– Les hôtels et grands restaurants habitues à aider des laowai (surnom que les chinois donnent aux blancs). Ils se mettent en quatre pour les étrangers, n’hésitez pas à demander d’écrire en chinois l’adresse de votre destination.

– Acceptez de vous perdre, partez à l’aventure, gage de découvertes impromptues.

vue de beijing depuis l'ancienne tour de la CCTV





Weekend en Mandchourie et à la frontière Nord-Coréenne.

20 07 2010

Petit tour dans la Chine du nord ce Weekend, dans cette région connue en France sous le nom de Mandchourie (满洲), à l’histoire troublée. Berceau de la dynastie Qing qui régna sur la Chine jusqu’en 1911, ce territoire fut ensuite occupé un temps par la Russie Tsariste puis par les Japonais qui en firent, à partir de 1931, leur avant poste en vue de l’invasion de la Chine. Le Nord Est de la Chine est aujourd’hui divisé en plusieurs provinces et l’antique culture locale se meurt : la langue Mandchoue est aujourd’hui considérée comme éteinte.

Récit d’un petit voyage dans la région du Liaoning.

Dalian (大连).

Première étape du weekend, la ville de Dalian est située a 430 kilomètres de Beijing. A vol d’oiseau, car le train que j’ai pris a mis 11 heures pour y arriver. Et quel train! Petit point sur les chemins de fer en Chine: vous avez le choix entre plusieurs types de tarifs: (du plus cher au moins cher) les couchettes molles (soft), les couchettes dures, les sièges « soft » et les sièges (« hard ») durs qui sont des planches bois recouvertes d’un coussin… Bien sur, ayant réservé les places un peu tard, il ne nous restait que les « hard seat » inconfortables. Passe encore l’inconfort, le pire est le nombre de gens qui s’entassent dans ces wagons pour la simple raison qu’il est possible d’acheter des billets sans réservation en Chine et ce sans limite… Imaginez donc votre TER avec des gens entassés dans le couloir au point que vous ne pouvez plus circuler, des gens assis sur votre table, sur votre dossier, couchés sous votre siège; des gens partout jusque dans les toilettes ou vous devez déloger cinq ou six chinois si vous voulez assouvir un besoin pressant. Et, vers 3 ou 4 heures du matin, quand Morphée vient a bout des irréductibles, le wagon se transforme en dortoir géant ou chacun tente de se délasser ce qui fait que vous vous retrouvez avec une tête sur votre épaule, une autre sur votre cuisse… Dans ces conditions, avoir un siège est certes un privilège mais qui présente quelques inconvénients: premièrement vous ne pouvez supporter la planche de bois que 2 heures, après vous devez vous lever tellement votre fessier fait mal, ensuite, assis vous êtes juste à la hauteur des aisselles des gens debout dans le couloir ce qui n’est pas sans charme vu l’absence de climatisation… Le tout pendant 11 heures…

Il règne pourtant une bonne ambiance dans ces wagons: les gens discutent, échangent des cigarettes, de la nourriture, jouent aux cartes et surtout se montrent d’une patience infinie…A noter que malgré l’encombrement, le wagon est dote d’un service de vente ambulant! Comment fait-il pour passer? A la chinoise: il beugle « poussez-vous » et n’hésites pas a pousser le lambins ou autres récalcitrants.

Vers 5 heures du matin, nous arrivons enfin à Dalian, ville de 6 millions d’habitants en plein développement. C’est à la fois un port important, une station balnéaire pour les cadres du Parti Communiste Chinois mais aussi pour Japonais et surtout pour Russes. Héritage historique, ce sont les Russes qui ont pris les premiers le contrôle de la région qui constituait pour eux un débouché vers les mers du sud et l’ont longtemps disputé aux Japonais. L’exemple le plus connu est la ville de Port Arthur (aujourd’hui Lushun) située à quelques kilomètres de Dalian tour à tour sous contrôle Japonais, Russe, de nouveau Japonais, soviétique et devenu aujourd’hui un port stratégique de la marine militaire Chinoise et, à ce titre interdit aux étrangers. Dalian garde donc un certain nombre de traces de ce passé tourmenté: un quartier Russe devenu le haut lieu de la vente de faux produits soviétiques et de poupées russes, des immeubles de style occidental un peu partout dans la ville et un quartier japonais en rénovation avec des maisons flambant neuves mais inhabitées…

A part les quelques vestiges architecturaux de l’époque coloniale, les plages (ou je me suis tout de même baigné..), un tramway qui ressemble un peu a celui de San Francisco, des buildings flambant neuf et des quartiers avec des maisons de style côte américaine flambant neuves mais elles aussi inhabitées, la ville n’a pas trop de saveur.

Nous avons donc pris un bus vers Dandong ville à la frontière avec la Corée du Nord et située à 4 heures de route de Dalian.

Dandong (丹东) et la Corée du Nord.

La ville de Dandong compte 800 000 habitants avec une forte présence de Coréens: tout les panneaux, les enseignes sont rédigées en Chinois et en Coréen. Il faut dire que la ville n’est séparée de la Corée du Nord que par le fleuve Yalu. Le pont qui relie les deux rives est le cordon ombilical par lequel la Chine maintient son petit frère communiste sous perfusion. Toute la journée, un incessant ballet de camions et de trains transportant matières premières, nourriture et autres denrées indispensables à la survie de la dictature des Kim traversent la frontière. Le gâteau est juteux pour la Chine (2,5 milliards de $) et les habitants de Dandong en ramassent quelques miettes : la contrebande est florissant dans cette ville à l’ambiance un peu louche. Cela ne va pas sans risque puisque les soldats Nord-Coréens n’hésitent pas à ouvrir le feu, ainsi le mois dernier trois chinois se sont fait descendre.

Le pont enjambant le Yalu.

La ville de Dandong est donc étroitement liée a la Corée du Nord: on y trouve le mémorial de la guerre de Corée (traduit en chinois politiquement correct « mémorial de l’agression américaine et de l’aide à la Corée »). Ce musée, bien que passionnant est un morceau de propagande communiste: les chinois sont venu aider les Coréens menacés par l’impérialisme US; ils ont œuvrés à rétablir la paix. Le plus scandaleux sont les assertions concernant les prisonniers de guerre bien traités dans les camps chinois…

En un mot; ce musée est de la pure propagande communiste avec tout son décorum. La salle des héros en est l’exemple le plus frappant: sur les murs on retrouve les portraits de tout les soldats qui se sont distingués d’une manière ou d’une autre classés en différentes catégories depuis les héros hors classe jusqu’aux héros de troisième classe. Les plus méritants ont le droit à leur buste, avec au centre le fils du Leader, le propre rejeton de Mao qui lui; a le droit à un buste en albâtre pour s’être juste donné la peine de mourir de maladie sur le sol de Corée.

Je voulais aller voir la Corée de plus près. Le mieux pour cela est de suivre la Grande Muraille dont une partie méconnue (et donc encore sauvegardée des flots de touristes) serpente le long de la frontière.

La Grande Muraille à la Montagne du Tigre le long de la frontière.

Depuis le haut il est possible, moyennant finance de louer des jumelles pour observer le royaume ermite. J’ai donc pu observer les gardes frontière qui, sans arme,  n’ont pas l’air bien efficace, des avions militaires en alerte, des soldats à l’entrainement… Garde frontière Nord-Corèen.

Soldqts Nord-Coréens à l'entrainement.La Corée offre des paysages magnifiques encore préservés de l’urbanisation et de l’industrialisation. Le contraste est saisissant entre la rive Chinoise et l’autre rive. C’est particulièrement frappant la nuit quand la Corée est plongée dans le noir le plus complet à tel point qu’il est impossible de distinguer la rive pourtant située a moins de 150 mètres.

A droite la Chine, à gauche la Corée.

L’attitude des chinois face à leur turbulent voisin est parfois croustillante: j’ai entendu une Guide affirmer que tout allait pour le mieux, que les chinois pouvaient sans problème aller se promener en Corée, que les gardes étaient sympa, que l’on pouvait discuter avec eux et même « leur donner a manger » (sic).

Une simple barrière sépare les deux pays, il faut dire que les candidats Coréens à l’immigration en Chine savent que s’ils passent à l’acte et qu’ils se font appréhender par les Chinois c’est le retour à la case départ et que l’accueil réservé à ceux qui ont tenté de fuir « le paradis communiste » est plutôt glacial et quand à ceux qui réussissent, la famille est tenue pour responsable…

Outre la Corée, j’ai fait une autre grande découverte a Dandong: j’y ai mangé mon premier plat (une soupe en l’occurrence) à base de viande de chien.  Pas mauvais, un petit goût d’agneau…

Terminons notre balade en Mandchourie par quelques photos du pays du matin calme.





L’immobilier sur Beijing

26 06 2010

Se trouver un appartement en Chine relève du parcours du combattant. Je dois avouer que j’en ai beaucoup bavé…

Je suis arrivé sur Beijing début Mai, soit au beau milieu des vacances du premier Mai qui, au paradis des prolétaires ouvriers-paysans, ne sont pas seulement synonyme de manifestations syndicales, mais de trois jours de repos.
J’avais repéré avant le départ quelques annonces sur des sites internet mais manque de chance, les choses vont très vite à Beijing et un appartement ne reste libre que quelques jours.

Donc, le bec dans l’eau je décide de rentrer dans des agences immobilières comme Century 21… Les agences chinoises ressemblent plus à des cybercafés qu’à autre chose: dans la boutique une bonne dizaine d’employés se penchent sur leurs ordinateurs toute la journée et, gros problème ne parlent pas un strict mot d’anglais! Alors les traductions via Baidu (le Google local) sont assez vite limitées.

En désespoir de cause, j’ai fini par répondre à une annonce sur Internet et ai rencontré un peu plus tard une Chinoise d’une trentaine d’années, Viviene qui illico presto, me fait visiter différents appartements. Elle se dit propriétaire de nombreux biens dans le quartier de Guomao-Chuangjing et comble du luxe, parle un anglais parfait. Elle me montre une chambre, dans une grande collocation, convenable, propre, même si assez chère (3000 yuans). Pressé par le temps, je décide de signer le contrat.

La notion de vérité en Chine est relative, évolutive même: la preuve par trois épisodes…

Episode 1: la signature du contrat.
Le jour dit, je retrouve Viviene pour signer. Là, elle m’annonce que l’appartement est vendu et que je dois déménager le 10 septembre, par contre on va tout de même signer un contrat d’un an, me promettant de me trouver une autre chambre après. Je tente de marchander et refuse catégoriquement de signer pour quelque chose que je ne connais pas. Après une bonne heure de palabres on signe un contrat jusqu’au 10 septembre, j’essaye les clefs, lui paye un mois de caution et trois mois de loyers (moyen habituel de payer en Chine). J’ai enfin un appartement!

Episode 2: L’enregistrement auprès du bureau local de police.
En Chine tout le monde (étrangers comme chinois) doit s’enregistrer auprès du bureau local de police. Viviene m’y accompagne mais arrivé devant le bureau de police elle me donne les documents demandés et prétexte un coup de fil urgent à passer pour ne pas entrer dans le commissariat! Pas dupe, je lui demande si elle a peur de la police? Elle esquive ma question, je me décide tout de même à rentrer, après tout je n’ai rien à me reprocher et en cas de problème la fautive est devant la porte… Dans la queue; j’en profiter pour regarder les différents documents: Viviene n’est que locataire et donc je me retrouve sous-locataire ce qui est illégal en Chine à moins d’avoir une autorisation écrite du propriétaire! De plus, en sous-louant; elle double le loyer initial et à moi tout seul j’en paye a peu-près la moitié! Pigeon, pigeon!

Je donne les différents documents et suis à moitié rassuré par le fait que l’employée de police ne me fait aucun problème et me donne le sésame. Je sors et engueule Viviene, je refuse de lui rendre les différents documents. Elle finit pas me dire la vérité mais m’assure que le propriétaire est au courant et ne voit pas d’inconvénient a sa petite entreprise de sous location. Ayant donne l’argent jusqu’à le fin Juillet, je suis bloqué et décide donc de rester dans le jeu.

Episode 3: Le second enregistrement auprès de la police
Fin Juin, ayant enfin obtenu mon permis de séjour en Chine; je dois renouveler mon enregistrement auprès de la police. Cette fois j’y vais seul et là, mauvaise surprise;  la police se montre beaucoup moins conciliante et me garde en observation pendant deux heures, me posant plein de questions sur qui est le propriétaire, qui sont les autres colocataires… Le tout en Chinois! Je répond comme je peux en me demandant quel est ce nouveau problème. A la fin, ils me rendent mes papiers, mon passeport et me donnent le certificat de résidence non sans me dire dans un anglais rudimentaire « Need to move, place not safe, not good, Move now… ».

Allons bon! Dans quel bourbier je me suis-je mis? Le soir même, je reçois un SMS de Viviene envoyé à tout ses « clients »: « si quelqu’un frappe à la porte et demande Viviene, dites de m’appeler sur mon portable, dites que vous ne me connaissez pas et ne donnez pas d’informations sur moi! Merci de votre aide. »

Bon… D’après ce que j’ai compris le problème est que soit Viviene vend de faux certificats de résidence à des chinois ou des étrangers (l’enregistrement est indispensable pour trouver du travail, ouvrir un compte en banque…) soit, et c’est pire, Viviene a récupéré des clefs je ne sais comment et loue des appartements vides… L’idée d’être un squatteur en Chine ne plaisant que très modérément, je me mets en recherche d’un nouvel appartement. Une fois que j’aurai déménagé, je tenterai de récupérer mon argent (6000 yuans soit le mois de Juillet et la caution). La stratégie est la suivante: Viviene tu veux récupérer les clefs? Très bien, je veux récupérer mon argent! Tu ne veux pas? C’est dommage, j’ai une copie de ta carte d’identité je crois que je vais aller la montrer aux flics et pas la peine de faire venir des gros bras, je ne vis plus chez toi…

Je suis donc en recherche mais cette fois je me suis mis en contact avec des agents immobiliers chinois parlant anglais. Ce que l’on me propose est parfois assez marrant: dans une même résidence, exactement le même studio de 75 mètres carrés se loue à 6500 yuans au sixième étage (avec balcon ouvert), à 5000 au septième (sans balcon ouvert) et 7500 yuans au vingt-deuxième étage (avec balcon ouvert et jolie vue). C’est ce que l’on appelle la bulle immobilière du balcon ouvert avec ou sans vue…

L’immobilier chinois est fou, les prix sont hallucinants, la bulle menace (trois fois le PIB annuel de la Chine selon certaines sources), le gouvernement a décidé en Avril de calmer le jeu: les prix à la vente sont limités dans une certaine fourchette et une famille ne peux plus acheter qu’un seul appartement. Résultat les vendeurs ne vendent plus ou sinon soit demandent le prix le plus haut possible fixé par la loi; soit surclassent l’appartement. Du coup les gens se replient sur la location où les prix explosent: +25% depuis Avril.
Cela ne va pas sans poser de gros problèmes pour les jeunes hommes chinois. Dans la culture chinoise, le mari doit fournir le logement pour le futur ménage, du coup avec les prix actuel beaucoup de couples se séparent car mademoiselle ne veut pas se marier avec un locataire… Encore plus révolutionnaire, en ville, pour éviter d’avoir à acheter un second appartement, les couples tentent de donner naissance à une fille ce qui va a l’encontre de la tradition privilégiant les garçons futurs bâtons de vieillesse et qui était la cause du déficit de millions de petites filles tuées ou abandonnées par leurs parents.
Pour en savoir plus sur les malheurs des jeunes mâles urbains locataires:

Bon il reste tout de même quelques bonnes affaires et j’ai trouvé un 175 mètres carrés sur Dongzhimen avec deux chambres au vingt-troisième étage mais sans balcon ouvert… Il n’est pas trop cher (6000 yuans par mois) car il n’y a pas de salle de sport, ni de piscine, ni les chaines de télévisions internationales indispensables à la survie des européens selon les agents immobiliers Chinois. Signature demain dimanche.
A suivre…