Le Yunnan (3): Dali, Lijiang, les gorges du saut du tigre.

1 11 2010

Continuons donc notre voyage dans le Yunnan. Depuis Kunming, nous nous dirigeons vers le nord.

Première étape Dali, en territoire Bai.

Dali est située au bord du lac Erhai (littéralement lac de l’oreille) au pied de la montagne du Cangshan. Encore une fois une ville moderne et moche nous accueille, mais en poussant un peu plus loin, on finit par tomber sur la vieille ville encore préservée mais hélas devenue trop touristique.

C’est l’effet « Lonely Planet »  du nom du célèbre guide touristique aujourd’hui traduit dans toutes les langues: les voyageurs de tous les pays suivent les mêmes conseils, dorment dans les mêmes auberges, mangent dans les mêmes restaurants… Vous vous retrouvez donc avec une concentration d’Étrangers qui font le même itinéraire que vous et qui vous suivront tout au long de vos étapes. Les habitants de Dali s’adaptent plutôt bien à cet afflux touristique: ils apprennent l’anglais, ouvrent des restaurants occidentaux et les grands mères en costume traditionnel vendent même du cannabis (qui pousse à l’état sauvage dans la région). Bref, rien de bien authentique sauf l’architecture traditionnelle Bai encore relativement protégée dans les ruelles longeant la rue principale qui est au contraire surchargée de boutiques de souvenirs vendant de l’argent 100% étain et des vêtements traditionnels 100% usine d’à cote.

 

L'église de Dali, exemple d'architecture Bai.

Comme toujours en Chine, il faut sortir des sentiers battus, louer un vélo, en suer un peu mais ça en vaut la peine! Ainsi les rizières proches du lac ne sont pas encore envahies, vous pouvez donc voir les habitants récolter le riz, pécher, faire un tour de bateau avec des étudiants en vacance et ravis de pratiquer leurs rudiments d’anglais, aller au marche du coin, visiter une teinturerie locale…

Rizières, Dali

Vue sur le lac Erhai

Étape suivante, Lijiang, au pays des Naxis est elle aussi une ville ancienne encerclée par une ville nouvelle sans aucun charme, surnommée la Venise Chinoise en raison de ses multiples canaux, elle manque assez régulièrement de  se faire rayer de la liste du patrimoine mondial de l’humanité en raison de trop de tourisme et pas assez de conservation durable… De jolies maisons, de jolies ruelles mais que de touristes et particulièrement des Israéliens! Mon auberge ressemblait plus à un Kibboutz qu’autre chose… D’après ce que j’ai compris, après leurs trois ans de service militaires, ils se font virer de chez eux pour un an à la découverte du vaste monde. Problème: les US et l’Europe, ils ont de la famille, ils connaissent. L’Afrique noire? Trop dangereux! Le monde musulman? Impossible d’entrer avec un tel passeport! Du coup il ne reste plus que l’Asie pour les plus aventureux et les plages de l’Amérique du sud pour les jouisseurs…

Lijiang

Bref, revenons à Lijiang ou j’ai eu la chance d’avoir affaire à la Police! Rassurez vous rien de bien grave, enfin pour moi. Le couple de français ramassés à Kunming et qui m’accompagnait depuis à perdu tout ses biens: Madame a oublié son sac dans les toilettes publics! Du coup nous voila à la station de police, à 23 heures du soir en train de tenter d’expliquer que le sac a été perdu et ensuite volé et qu’on aurait besoin d’une déclaration en règle pour les assurances. 23 heures 30, les dignes représentants de l’ordre comprennent et on commence la déposition (nous avions entretemps trouvé un Chinois parlant français qui nous a donc servi d’interprète, mon faible chinois n’est donc pas responsable de la lenteur du processus). 0 heures 45, après deux paquets de cigarettes, l’inventaire à la Prévert de tous les objets du sac, de leur couleur, de leur marque, de leur age et de leur prix… les policiers nous tendent une déposition temporaire! La définitive sera à faire demain au poste principal! Peu enclin à refaire ce cirque, je laisse s’envoler mes deux oiseaux rares et me dirige vers les gorges du saut du tigre en la compagnie d’un Israélien.

Les gorges du saut du tigre

La roche ou le tigre sauta.

Pourquoi un tel nom? La légende veut qu’un tigre; poursuivit par un chasseur ait sauté le fleuve là ou il est le plus encaissé et le moins large. L’endroit est lui aussi devenue très touristique, on croise sur les chemins plus de randonneurs étrangers que de locaux et à chaque virage de la montée plutôt raide un paysan du coin vous propose de continuer à cheval. Vade Retro! A chaque col, un commerçant vous propose un coca ou une glace, et fin du fin, au promontoire offrant le plus beau point de vue sur la vallée encaissée ou gronde les eaux du Yangtzi, un chinois menaçant vous demande un péage de 20 yuans en rémunération du chemin qu’il dit avoir retapé.

Soyons honnête, le magnifique paysage vaut bien la promenade. Celle-ci se fait généralement en deux, voire trois jours avec étape dans de petites auberges le long du chemin. Pressés de rentrer sur Lijiang, nous avons, mon compagnon et moi, plie le tout dans la journée. De retour au point de départ de la randonnée, je trouve un chauffeur pour nous ramener, il me demande 150 yuans pour la course, las de subventionner le commerce local, je me promène dans les rues du village et salut tout les étrangers d’un cordial « Shalom ». Il n’a pas fallut longtemps pour que je trouve un groupe de 4 Israéliens motives par le voyage, je leur demande 40 yuans chacun, je retourne voir le chauffeur et lui donne les 160 yuans, pour une fois bibi a voyage gratuitement…

Le lendemain, retour sur Kunming en avion pour récupérer le colloc et direction le sud du Yunnan. Je quitte le Nord avec plein de beaux paysages dans la tête mais aussi avec un sentiment un peu mitigé. La région est riche de minorités avec une culture riche mais vieillissante. Le Naxi-Dongba, dernière écriture hydrographique encore vivante au monde se perd, de même que le Chamanisme, les vêtements traditionnels ne sont plus guère portes que par les grand-mères… Et le tourisme soit disant « routard », en se massifiant a sa part de responsabilité.

Les Chines...

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One response

7 11 2010
Michel

Quand une parisienne perd son Louis Vuitton à Lijiang… : « nan mais tu comprends, c’est vâââchement emmerdant… »

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